jeudi 14 avril 2016

Handball : Ndèye Sokhna Sène, gardienne des U20

«Faire tout pour gagner le Challenge Trophy»


Ndèye Sokhna Sène
Elle était en regroupement avec la sélection nationale féminine U20 à Thiès en vue de la phase zonale du Challenge Trophy 2016 en Guinée (22-29 juillet). Ndèye Sokhna Sène se dit prête à conduire le Sénégal au sacre final.
La joueuse, qui a débuté sa carrière en 2011 avec l’AS Tivaouane, a répété les performances sous le maillot de Diisoo cette saison-là. Ce qui lui a valu une convocation chez les U20. Les Lioncelles affûtent leurs armes à Thiès en direction de la phase zonale du challenge trophy 2016. «Nous sommes conscientes que nous serons très attendues à ces joutes. Mais, nous ferons tout pour défendre crânement nos chances afin de gagner la coupe», indique Ndèye Sokhna Sène.
La native de Tivaouane s’est distinguée dans ses cages lors de la victoire de Diisoo face au Saltigué (26-24). Une victoire dans laquelle elle avait joué un rôle capital en annihilant toutes les tentatives adverses. «Elle fait le jeu de son âge», confie son coach Adama Samb. Avant d’ajouter : «C’est à nous de l’encadrer, de l’aider à pousser plus haut. Elle a vraiment l’avenir devant elle».
En attendant de reconquérir le Challenge Trophy avec la sélection U20, la gardienne de but veut commencer par aider Disso (3ème avec 4 pts +14) à contester le leadership du Saltigué (4 pts +16). «On dit que c’est la meilleure équipe du handball féminin sénégalais. Mais, il n’y a aucune formation que Diisoo ne peut pas battre. Ce n’est pas la première fois que j’ai remporté un match contre Saltigué. À Tivaouane, j’ai connu ce plaisir à deux reprises. Avec Disso, mon objectif est de gagner le championnat et la Coupe du Sénégal». Et de lancer : «Je ne crois pas à la suprématie des équipes comme le DUC et le Saltigué. Le succès se prépare aux entraînements. On ne récolte que ce que l’on a semé. Je ne crois pas aux pronostics d’avant-match».


Rugby: Coupe du Sénégal 2016


                           Yoff fait tomber Jambars en quarts


Yoff  vainqueur de Jambars en quarts
Les quarts de finale de la Coupe du Sénégal de rugby à XV se sont disputés ce week-end. Le fait sensationnel aura été l’élimination de l’ogre Jambars par Yoff (24-26) au sortir d’un match de haute lutte ce dimanche à Bel-Air.
L’ogre Jambars n’arrive plus à gagner, après avoir décroché son 7ème sacre en 2014. Les hommes d’Amady Diallo, qui avaient la faveur des pronostics, se sont inclinés face une belle formation de Yoff. Laquelle a pourtant dominé la partie jusqu’à une minute de la fin du temps réglementaire (18-10). C’est ainsi que Jambars a inscrit 1 essai et 1 transformation pour remettre les pendules à l’heure (18-18). C’est lors de la prolongation que les joueurs de Yoff, plus tenaces, sont parvenus à remporter le gain du match (26-24). Une victoire qui donne droit aux hommes de Mamadou Lamine Ndiaye «Imam» de rencontrer en demi-finale la sélection U 19, vainqueur de Kirène (16-12)
En seconde heure, le derby de la banlieue a été largement remporté par le détenteur du trophée, Yeumbeul, devant Guédiawaye (38-6). Yeumbeul croisera en demi-finale le néophyte Nianing, qui a réussi un grand exploit face à l’ASFA (6-4).

Résultats ¼ de finale
Samedi 9 avril 2016
Sélection U19 / Kirène RC 16-12
Nianing / ASFA6-4
Dimanche 10 avril 2016
Yoff / Jambars 26-24

Guédiawaye / Yeumbeul 6-38

samedi 9 avril 2016

Forman Guèye, coach de l’écurie Lébougui



«Mon plus gros cachet est de 800.000 FCFA»

Forman Guèye
Il a voyagé à la Martinique en 1976 avec Mame Gorgui Ndiaye et Doudou Ndiaye Coumba Rose pour représenter le Sénégal. Forman Guèye a tenu en haleine tous les férus de la lutte de par ses bakk. Le lutteur du Président Abdou Diouf revient sur son parcours entre anecdotes croustillantes, regrets, déceptions, entre autres.

Parcours
«J’ai débuté la lutte en 1976. Et j’ai terminé ma carrière en 2002. La limite d’âge était alors de 50 ans, contrairement à aujourd’hui où on arrête à 45 ans. J’habite à Diokoul (Kaw). Mais j’ai passé ma jeunesse à Saint-Louis. J’étais pêcheur. Avec cette activité, on luttait sur la plage après la pêche. Ce qui m’a permis de prendre goût à la lutte avec un de nos grands frères, Pape Seck, décédé samedi 12 mars dernier. C’était un très bon lutteur. Mais il n’a pas fait carrière dans l’arène. J’accompagnais mes grands (Pape Seck, Assane Baye Fally de Saint-Louis) qui ont finalement arrêté quand ils ont su que je pouvais les suppléer. Car sur le plan physique et de la force, je m’étais hissé à leur niveau. J’ai lutté partout dans le Sénégal. Les avances sur cachet étaient de 25.000 FCFA. C’était énorme car à l’époque un sac de riz coûtait 6.000 FCFA. Actuellement, la lutte est un métier. Le lutteur est devenu une entreprise.»
Combats chocs
«À Dakar, j’ai disputé des combats chocs à l’arène Sambaye Sall de Thiaroye Guedj. À l’époque, j’avais la même aura que Balla Gaye 2 et Modou Lô présentement. Je savais lutter et j’étais un bon animateur. J’ai disputé des combats de défis (xass xass loo, en wolof). Je me rappelle mon combat contre Séllé Dièye que j’ai battu. À 17h00 déjà, l’arène était pleine. À cette période, le père de Pape Kane, Modou Kane, était encore vivant. Je me souviens que Pape Kane avait enlevé son gris-gris pour le remettre à Séllé Dièye. J’ai aussi affronté le frère de Moustapha Guèye, que j’ai terrassé. Il s’appelle Pape Guèye. C’était un combat rude. Moustapha Guèye et Birahim Ndiaye étaient derrière l’enceinte. Quelqu’un m’a dit «Forman, j’étais à l’entraînement de l’écurie Fass. Si tu restes sur place, Pape Guèye va t’attaquer». Je lui ai dit que je suis plus rapide que lui pour l’avoir battu lors d’un mbappat à Yarakh. Aussi, j’ai croisé Cheikh Mbaba. Je l’ai battu. J’ai affronté Ibou Ndaffa qui m’a terrassé.»
Reconversion
«J’apporte ma contribution en tant que coach à l’écurie Lébougui, créée par Pape Ibra Yade (Papa Yada). Les lutteurs de l’écurie sont comme des fils et neveux pour moi. Amanekh est la tête de file. Tous les lutteurs doivent se ranger derrière lui. Pape Ibra Yade a façonné Amanekh, Gamou Guèye, Do Guèye et autres. Je suis et je serai toujours avec Ibra Yade.»
Famille
«J’ai deux bonnes épouses. Elles savent bien cuisiner le riz (il éclate de rires). Elles m’aiment et s’occupent très bien de moi. J’ai 17 enfants qui veillent sur moi. Tout ce qu’ils gagnent, on se le partage. Parmi eux, je touche du bois, il n’y a ni voleur ni buveur de bière. Je remercie le Bon Dieu. J’ai des filles qui sont mariées. Et je prie que les autres puissent avoir des maris pour que je voie leurs enfants.»
Joie
«Tout ce que j’aimais de plus dans la lutte, c’était la victoire pour donner plaisir à la population de ma localité. Je faisais le tour des mbappat et je parvenais à battre chaque fois le meilleur. Cela fait partie de ce qui m’a procuré du plaisir. Aussi, dans chaque localité où je me rendais, je créais ma chorégraphie. Et les gens savaient aussitôt que Forman était là.»
Déception
Contre Boy Niang, quelqu’un a voulu me donner une bouteille que j’ai refusée. Il l’a remise à un de mes amis. Et j’ai fini par l’utiliser. Par la suite, je ne savais plus où j’étais. Cette bouteille avait créé beaucoup de problèmes dans notre écurie Mermoz. Souvent, les vraies intentions sont cachées. Nous, Lébous, ne trahisons personne. Dans l’écurie Mermoz, il y avait plus de 40 lutteurs. Je suis le seul, avec Mor Fadam, à être resté avec Kamal Salémé. Il faisait tout pour nous et ne voulait pas de notre argent. Même après le combat, si le manager lui remettait de l’argent à garder pour un lutteur, il refusait. Ce qui n’est pas facile à voir aujourd’hui. Kamal aidait tous les lutteurs et gardait de bonnes relations avec eux. Il ne faisait aucune différence entre les écuries. S’il n’avait pas si aidé, il aurait eu des dizaines de milliards.»
Regrets
«Du côté de Niagues et Gorom, on pouvait avoir beaucoup de maisons parce que les populations voulaient nous donner des terrains pour qu’on vienne y loger. Aujourd’hui, cette zone est habitable. Il y a de belles et grandes maisons. Cela fait partie de mes regrets. Les gens étaient prêts à nous donner des terrains. Aussi, je regrette d’avoir perdu très tôt mes parents, qui n’ont pas vraiment bénéficié de ma réussite. À l’âge de 18 ans, je donnais la dépense quotidienne à mon père. Aujourd’hui, je ne suis pas fortuné mais mes enfants sont en train de me rendre heureux.»
Anecdotes
«Un jeune de Thiaroye m’a dit que son père lui imposait d’avoir de bonnes notes s’il voulait aller regarder mes combats. C’est pourquoi il étudiait bien à l’école. Il m’a confié que c’est grâce à moi qu’il a réussi ses études. Un jour, Boy Kaïré avait amené son homonyme (le père de Diène Kaïré) pour qu’il surveille nos habits. Lors de nos entraînements à la plage de Kussum, on nous les volait souvent. Et Boy Kaïré (le père de Diène) a pris goût à la lutte. Mais son père ne voulait pas qu’il devienne lutteur. Il l’a alors transféré à Tambacounda puis il est revenu. Il était petit mais coriace. Son homonyme a finalement négocié un combat pour lui. Et Kamal Salémé lui a dit que si le gosse se blesse, il va l’envoyer en prison. Finalement, il a battu son adversaire. Et aujourd’hui, il a un fils (Diène Kaïré) qui est dans l’arène.
Quand feu Yérim Diakhaté a démarché un combat pour moi et que l’écurie n’était pas d’accord, Maguette Diop, Kamal Salémé et Nabil Ayaz avaient décidé d’exclure Yérim Diakhaté. Il y avait 40 personnes lors de cette rencontre. Je leur ai dit si vous l’excluez, je pars avec lui. Ils m’ont répondu que je ne suis pas exclu parce que c’est Yérim qui a démarché le combat. Et je leur ai rétorqué qu’il l’a démarché pour moi. Ils ont insisté et je suis parti avec Yérim Diakhaté, qui a créé par la suite l’écurie Plateau. À cette époque, j’avais une popularité (bayré, en wolof) extraordinaire. Quelques lutteurs de l’écurie Mermoz nous ont finalement rejoints. Et Kamal leur a dit que quiconque s’entraîne avec Forman va être renvoyé. Mais, ne pouvant pas subvenir aux besoins des lutteurs, nous sommes retournés à l’écurie Mermoz.
Feu El Hadji Moustapha Ndiaye de la RTS m’a dit un jour : «Le Président Abdou Diouf m’a demandé de montrer toujours vos bakk les samedis après-midi. Car tu es son lutteur.» Je voulais le (Abdou Diouf) rencontrer par la suite, en vain. La lutte nous a permis de rencontrer différentes autorités et personnalités, que ce soit dans notre pays ou à l’extérieur. Dans notre ville, il y a le président Cora Fall que nous avons accompagné un peu partout. Je faisais partie de ses gardes du corps. Il est généreux. Mais je n’ai pas suffisamment profité de ses largesses.»
Vœux
«Je veux que mes enfants m’assistent comme j’ai eu à le faire avec mes parents. J’ai deux formidables épouses. Et je souhaite vivre avec elles le plus longuement possible. J’ai aussi de bons frères et sœurs, qui veillent sur moi. Tout ce que j’ai perdu dans la lutte, j’aimerais que les lutteurs de Lébougui me le retournent. J’ai égaré mon argent entre Dakar et Rufisque. Et je souhaite que mes protégés le ramassent et me le rendent. Je demande aux lutteurs de Lébougui de ne pas oublier Pape Ibra Yade (Papa Yada). Il mérite que les lutteurs lui donnent des homonymes. Parce qu’il les a tous créés. Leur renommée dans l’arène, c’est grâce à Pape Ibra Yade.»
Plus gros cachet
«Mon plus gros cachet était de 800.000 FCFA. C’était en 1985. Je pense que c’était une somme importante à l’époque. Mais la lutte n’était pas un métier pour nous. On ne pouvait pas imaginer vivre avec les dividendes de la lutte. Toute juste à côté de nous (Cité Gabon et ses environs), les terrains ne se vendaient pas. On les distribuait gratuitement. Si à l’époque on avait la mentalité des jeunes d’aujourd’hui, on aurait pu avoir des dizaines de maisons. Mais ainsi va la vie. Que nos enfants ne soient pas en colère contre nous. Même après, les terrains se vendaient à 50.000 FCFA puis 200.000 FCFA. Mais ce n’était pas facile de rassembler cette somme. Comme on dit en wolof, «sou seugueu yombé, fore diafé».